Words of wisdom from Dany Laferrière

J’ai enfin lu “Pays sans chapeau,” un des bouquins préférés de mon amie Régine, et il y avait certaines passages dedans qui avaient vraiment résonné avec moi.

 

“Écrire plus vite, toujours plus vite. Non que je sois pressé. Je m’active comme un fou alors qu’autour de moi, tout va si lentement. Je finis à peine une histoire qu’une autre déboule. Le trop-plein. J’entends ma voisine expliquer à ma mère qu’elle connait ce genre de maladie.

“Oui, chère, depuis qu’il est arrivé, il passe son temps à écrire sur cette maudite machine.”

“Il parait,” dit la voisine, “que cette maladie ne frappe que les gens qui ont vécu trop longtemps à l’étranger.”

“Est-ce qu’il est devenu fou?” demande anxieusement ma mère.

“Non, il faut simplement le réapprendre à respirer. À voir. À sentir les choses différemment.” (p. 15)

“L’horreur totale pour moi, ce serait d’être obligé de vivre toute ma vie et de naître et mourir dans le même pays. Naître et mourir à la même place, je n’aurais même pas pu supporter un tel enfermement. Regarde, je viens de remarquer que dans ‘enfermement,” il y a le mot ‘enfer.’ (p. 176)

Vieux Os: “Alors je suis sur la bonne route.”

Boutiquière: “À vrai dire, il n’y a pas de route.”

Vieux Os: “Alors, comment fait-on?”

Boutiquière: “On n’a qu’à marcher. Il n’y a qu’une seule route, c’est celle qu’on a choisie.” (P. 219)

Aussi, au début de chaque chapitre, il y a un proverbe haïtien. Bizarrement, l’éditeur français avait décidé d’épeler les mots kreyòls avec un orthographe français– “sa” devient “ça”, “bourik” devient “bourrique” et “pitite” devient “petite,” un insulte à l’orthographe haïtien qui ne reconnait pas le fait que le français et le kreyòl sont deux langues séparées, et qui crée des phrases écrite dans un entre-deux-langues qui en fait ne ressemble à rien. J’ai essayé de récréer l’orthographe kreyòl en reproduisant les proverbes qui m’ont le plus frappé.

Nou se kayimite. Nou mou sou pye, men nou pa janm tonbe. (Nous sommes des cayémités [une sorte de fruit]. Nous sommes mûrs mais nous ne tombons jamais.”

Rai chen, men di dent li blanch. (Tu peux haïr le chien tant que tu veux, mais il faut avouer que ses dents sont blancs.)

Nou konnen, nou pa konnen. (On sait, et on ne sait pas.)

Sa manman piti chat la di’l la, manman piti rat te di’l li anvant. (Ce que la maman du chaton le dit, la maman du rat l’a dit avant.)

Pati bourik, tounen mulet. (Tu pars en âne et tu reviens en mulet; tu reviens aussi stupide que tu es parti.)

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About msmarguerite

Young Quebec City-based freelance journalist. once and future nomad. I blog about life, about travel, about things I notice and every so often about work. I enjoy language learning, singing, swing dancing, skating and...other stuff, sometimes. My heart is somewhere in East Africa, Haiti or Eastern Europe. English, français, русский, malo slovensko, un poco de espanol, um pouco de português ndiga ikirundi, mwen ap aprann kreyòl...
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