Les aventures fabuleuses de Kira Burundi

Mes lecteurs fidèles, particulièrement les barundi et amoureux du Burundi (qui forment probablement la majorité de mes lecteurs, mais qui sait?) reconnaitront mon affection pour le petit ONG KIRA Burundi qui, à coups de ventes de garage,financements de foule et petites bourses, appuie des familles burundaises voulant adopter un enfant ou réintégrer un(e) adolescent(e) burundais(e) qui vivait dans la rue, et faciliter l’entrée au système scolaire ou au marché du travail de ces enfants. C’est leur travail qui m’a fait croire dans le modèle des petits ONGs, propulsés par deux ou trois personnes avec un rève plutôt que par une grande bureaucratie.

Mon ami Diomède, le directeur, et son équipe sur le terrain ont pu ouvrir une lave-auto et un café pour fournir des boulots aux jeunes et des services à la communauté et intégrer plusieurs jeunes à des familles. Ils ont tourné un documentaire (lien vers bande-annonce que j’ai fait). Maintenant Diomède est à l’Institut du Nouveau Monde, une table ronde-formation à Montréal, un gars avec un diplôme du sécondaire qui parle à une salle de classe pleine à l’Université McGill. Sois le changement que tu veux voir dans le monde, et cetera. Je ne suis qu’une bénévole en communication, une amie fière et une personne amoureuse du Burundi qui croit dans le rêve, le rêve qui dit que les enfants les plus pauvres au monde peuvent être durablement aidés et soutenus

Pour souligner ce moment et souligner leurs progrès, je reposte un texte que j’avais écrit pour eux il y a un an lors d’une visite sur le terrain…

Ayant suivi de près et étant intéressée par la philosophie de faire de l’organisme Kira Burundi, je suis partie au Burundi pour un stage en journalisme dans ce beau pays au mois de juillet. Je me suis rendue sur le terrain pour voir, de mes propres yeux, ce que les autres entendent depuis Québec…

Partis de bonne heure, on monte dans les collines. Bujumbura, la capitale, bruyante et chaude, disparaît peu à peu derrière nous, l’éclat des milliers de toits en tôle terni par la poussière. On est dans un petit bus blanc, qui pour une fois n’est pas plein à craquer, et j’ouvre ma fenêtre. Je respire l’air frais de l’intérieur. Ici, l’air est pur et non pollué. Je regarde les collines de Muramvya, des ondes de vert foncé à perte de vue. Puis, je ferme mes yeux pour éviter le mal de transport pendant que le bus navigue des routes invraisemblablement courbées. On monte, on descend, on monte, on descend, on monte, on descend. Trois heures plus tard, nous sommes à Ngozi.

C’est une ville provinciale d’environ 25,000 habitants. Mais pour des centaines d’enfants de rue des villages aux alentours, c’est la métropole. J’ai fait le trajet pour voir l’intégration des enfants avec mes propres yeux. Je rencontre Prime et ses amis à la gare d’autobus, où lui et ses collaborateurs sont gracieusement venus me chercher. Les réseaux de “tel qui connaît tel qui connaît tel” au Burundi sont incroyablement efficaces et utiles au Burundi sans aucun doute, ils l’étaient bien avant Facebook. C’est la première fois que j’ai l’occasion de rencontrer Prime Makenze, mais comme nous avons des bons amis en commun, nous devenons amis dès le début. La soirée avance comme toute bonne soirée entre amis à la burundaise—des énormes bouteilles d’Amstel froide et des bonnes brochettes de chèvre grillée. Je rencontre toute l’équipe.

On ne peut pas flâner dans les restos jusqu’à l’aube pour autant, car le lendemain on à des visites à rendre. Bernard, 8 ans, répond aux questions de notre traductrice, Jeanne-d’Arc, avec des monosyllabes. Il vient de la province de Muyinga, où il a fui la maison de sa famille en raison des mauvaises relations avec sa marâtre. Pour se rendre à Ngozi, il a grimpé sur le dos d’un camion, petits pieds posés sur les pare-chocs aussi chauds qu’un chaudron sur le feu. S’il lâchait prise, il risquait de tomber sur la tête ou se faire renverser par un autre véhicule. On lui parle dans son arrière-cour, à côté de la vache que la fondation a fournie à Ménédore, sa mère adoptive. « As-tu eu peur? » je lui demande, par l’entremise de Jeanne. « Oyà, » il répond sans hésiter. « Non. » Il a hâte de réintégrer l’école, où ses matières préférées sont la langue kirundi et les maths. Ménédore est très ouverte à parler. Elle tient une échoppe au marché de Ngozi. « Je le voyais flâner dans le marché, parfois je partageais ma nourriture avec lui, je savais qu’il a perdu sa mère et je me suis rendu compte qu’il n’était pas bien. J’ai entendu parler de ce que faisait la fondation et j’ai décidé de l’adopter. »

« Il fallait convaincre mon époux. Il a dit que peut-être on allait laisser entrer un petit voleur dans notre maison. Mais je lui ai convaincu. Et depuis, ça c’est très bien passé. »

Nous allons ensuite chez Claudette, une jeune chevrière. Elle est entourée par des chèvres et des enfants du voisinage. De son sourire énorme et sincère, il est clair que cette femme a de l’énergie et de la vivacité à revendre. Sa fille adoptive, Claudine, est plus timide. Elle regarde le sol quand elle parle à Jeanne. Claudine et sa sœur ont fui une situation invivable avec leur marâtre, pour aller vivre chez leur grand-mère, qui n’avait pas les capacités financières ou physiques pour élever deux adolescentes. Claudine a 14 ans et est sur le point de réintégrer la quatrième année de primaire. Elle comprend plus ou moins le français, mais a un peu peur de le parler. Claudine et Claudette ont plein de compliments l’une pour l’autre. « C’est une fille polie, gentille, qui travaille fort, » dit Claudette. « Ça se passe bien, je suis contente de l’avoir à la maison. » Claudine, quant à elle, est contente de vivre dans un endroit où elle peut être en sécurité, voir sa sœur et sa grand-mère, et revenir à l’école. En la donnant une maison et l’envoyant à l’école, Claudette a redonné à Claudine ce qu’il y a de plus précieux pour une jeune personne—ses rêves. Les yeux de Claudine restent fixés sur le sol, mais vers la fin de l’entrevue on aperçoit le début d’un sourire. « Je voudrais retourner à l’école, étudier et un jour devenir muganga, » nous dit-elle. Une docteure.

Notre prochain et dernier arrêt, c’est le lopin de terre acheté par Kira à Ngozi. Pour l’instant, il n’y avait pas grand-chose, seulement quelques grands rectangles de béton. Mais deux semaines plus tard, un lave-auto allait ouvrir sur les lieux, une entreprise gérée par les adolescents de Kira, fournissant des petits boulots à des dizaines de jeunes hommes. Prime et Appolinaire, un journaliste radio qui s’est impliqué au projet, parlaient avec enthousiasme d’un projet de restaurant et de cyber. Pour paraphraser une expression anglaise, quand on commence avec un lopin de terre vide, la seule chose à faire, c’est aller vers le haut.

Je vais essayer de mettre en ligne la présentation avant trop longtemps….

*Si vous êtes au Canada et vous voulez faire un don financier aux enfants, vous pouvez aller ici et cliquer sur le lien “Je veux donner.”*

*Si vous voulez faire un don en nature (vêtements ou livres pour une de nos ventes de garage-levées de fonds, fournitures scolaires ou hygiéniques pour les jeunes, objet d’art pour faire l’objet d’un encan…) contactez-moi directement (irenepratka1@gmail.com, sur Facebook ou Twitter ou via le champ des commentaires) et je vais l’organiser pour vous!*

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About msmarguerite

Young Quebec City-based freelance journalist. once and future nomad. I blog about life, about travel, about things I notice and every so often about work. I enjoy language learning, singing, swing dancing, skating and...other stuff, sometimes. My heart is somewhere in East Africa, Haiti or Eastern Europe. English, français, русский, malo slovensko, un poco de espanol, um pouco de português ndiga ikirundi, mwen ap aprann kreyòl...
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