Un histoire à faire rire

Ca c’est passée hier, et pour plusieurs heures après, j’avais envie d’en pleurer. Mais quand je l’avais raconté à Eric, Joelle et Egide ce matin avec le café, ils ont pleuré de rire. J’ai rit moi aussi, parce qu’il ne faut pas se prend trop au sérieux, mais j’ai démandé, “Pourquoi riez-vous?”
Joelle a répondu: “Parce que si l’on pleurait chaque fois que quelque chose comme ça s’est passé, on mourrait de la dépression! On ne peut faire que rire.”

Alors:

Je me suis rendue au centre ville pour acheter mon visa pour aller au Rwanda. La dame là a checké mon passeport puis elle m’a souhaité une bonne journée, parce que ça arrive que les américains n’ont pas besoin d’un visa pour aller au Rwanda. Alors, avec un billet d’argent américain dans ma poche pour seulement la deuxième fois, je me suis dirigé vers le bureau de poste, pour envoyer une attestation à ma banque en Suisse pour les dire où envoyer ma nouvelle carte. Puis soudain deux gars m’ont pris par les poignets et un troisième m’a touché la cuisse. Il s’est mis à fouiller dans mes poches. Je l’ai pris par la chemise, j’ai hurlé et je me suis battue autant que possible étant donné qu’il y avait une de moi et trois d’eux. Il a eu peur et il m’a rendu mon cellulaire et le 7000 francs ($6) que j’avais pris pour faire des cours. Mais le billet américain, 1/5 de mon budget pour le reste de mon séjour, était parti à jamais. C’était 15 h. Il y avait 5 policiers dans la vicinité direct qui ont fait semblant a chasser la personne pendant quelques secondes, puis qui ont disparu.

La deuxième fois que cette femme blanche gatée et ridicule s’est fait volé par des noirs pauvres et mal élévés qui étaient tout compréhensiblement jaloux de tous les portes qui la sont ouvertes le jour où elle était née, qui ne les sera ouvertes jamais.

Et, je suis dégoutée à le dire, j’ai perdu la tete. Adultes ne perdent pas la tete en publique. Correspondants à l’étranger ne le font surtout pas. Des petites filles petulantes et ridicules le font. Et aussi, j’imagine, des etres humaines imparfaits et exasperés le font. Des centaines de Bujumburais se sont attroupés autour de la mzungu hurlante et folle.
“Combien ont-ils volé?” un homme m’a démandé.
“Cent dollars!” ai-je répondu.
“Cent dollars!” a-t-il dit. “C’est rien! T’es blanche! Si c’était mille dollars, je le traquerais et je le tabasserais pour toi!”

Cinq minutes plus tard, une de mes quémandeures préférées s’approchait.
“Bonjour ma soeur!” elle a d it, d’une voix ensoleillée.
“Bonjour,” j’ai dit, complètement exasperé. Je l’ai rien donnée, meme si normalement je donne.
“T’es méchante!” a-t-elle dit.
“Démander a tes amis où est allée mon argent!” j’ai dit, grincheuse, et je m’en allais. J’ai envoyé l’attestation au bureau de poste et je suis allée dans le cyber, contournant soigneusement tous les quémandeurs qui s’attroupent devant la banque à coté. Quand je me branches, Roger est là. Je lui explique ce qui s’est passé.
“Ces africains,” dit-il. “Tu viens là-bas pour les aider, et ils te volent.”
Je ne sais pas trop quoi dire, parce que pour moi mes étudiants et les bandits du centre ville sont de différents planètes, bien que pour Roger, ce sont tous des africains, tous le meme. C’est tellement…Roger comme chose à dire.
“Oui et non,” écris-je enfin. “Je suis là pour aider certaines et d’autres me volent.”

Ils ne me volent jamais, mais…tout à coup je reçois un texto. C’est Antoine.

“Peux-tu me preter deux cents dollars?”

Bien sur que le pauvre chéri n’avait pas la moindre idée qu’est-ce qui s’est passé. Mais quand meme!

Je failli pleurer, comme Antoine lui-meme dirait. Mais je ne peux faire que rire.

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About msmarguerite

Young Quebec City-based freelance journalist. once and future nomad. I blog about life, about travel, about things I notice and every so often about work. I enjoy language learning, singing, swing dancing, skating and...other stuff, sometimes. My heart is somewhere in East Africa, Haiti or Eastern Europe. English, français, русский, malo slovensko, un poco de espanol, um pouco de português ndiga ikirundi, mwen ap aprann kreyòl...
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